Mis à jour le 3 août 2026 · ← Retour

PA, PDP, OD, PPF : qui fait quoi, et lequel vous met en règle ?

Quatre sigles pour un sujet qui n'en méritait pas tant. Une seule question compte vraiment : lequel de ces acteurs est habilité à transmettre vos factures à l'administration ? La réponse tient en un mot — la Plateforme Agréée. Voici pourquoi les trois autres existent quand même.

SigleCe que c'estVous met en conformité ?
PA
Plateforme Agréée
Un opérateur privé immatriculé par la DGFiP. Seul habilité à émettre, recevoir et transmettre vos factures électroniques à l'administration Oui — c'est le seul
PDP
Plateforme de Dématérialisation Partenaire
L'ancien nom de la PA. Rebaptisé par la loi de finances pour 2026. Même chose, terme historique Oui — c'est le même objet
OD
Opérateur de Dématérialisation
Un éditeur privé non immatriculé, qui s'appuie sur une PA pour la partie réglementaire. Il apporte le confort : interface, reconnaissance de documents, validation, trésorerie Indirectement, via la PA sur laquelle il s'adosse
PPF
Portail Public de Facturation
L'infrastructure de l'État : annuaire central des entreprises et concentrateur des données vers l'administration Non — il ne fait plus de facturation

PDP est devenu PA : ce n'est qu'un changement de nom

Jusqu'à la loi de finances pour 2026, on parlait de Plateforme de Dématérialisation Partenaire. La dénomination légale retenue par l'administration est désormais Plateforme Agréée.

Rien n'a changé sur le fond : mêmes acteurs, mêmes obligations, même liste officielle. Beaucoup de contenus et d'éditeurs emploient encore « PDP », simplement parce que c'est le terme que les gens cherchent. Si un prestataire vous parle de PDP, il ne vous parle pas d'autre chose.

L'OD : le sigle qui explique la plupart des malentendus

C'est ici que se logent presque toutes les confusions du marché. Un Opérateur de Dématérialisation n'est pas immatriculé. Il ne peut donc pas transmettre lui-même vos factures à l'administration : il passe par une PA partenaire.

Ce n'est ni illégal ni douteux — c'est un montage courant, et vous êtes bien en conformité. Mais ça change deux choses concrètes.

Ce que ça implique pour vous

Un : votre plateforme agréée n'est pas celle dont vous voyez le logo. Le jour où vous changez d'outil, ou si votre éditeur change de partenaire, c'est cette PA-là qui compte.

Deux : un éditeur qui annonce « plateforme agréée incluse » ne dit pas forcément qu'il est lui-même immatriculé. La formulation est exacte, mais elle ne répond pas à la question.

Un exemple réel du marché. Evoliz annonce « plateforme agréée incluse ». Evoliz ne figure sur aucune des deux listes officielles : c'est Chaintrust by Visma, société du même groupe, qui est immatriculée et fournit le service. Vous êtes parfaitement en règle en passant par Evoliz — simplement, votre plateforme agréée s'appelle Chaintrust.

Le PPF ne fait plus de facturation depuis octobre 2024

Le projet initial prévoyait un portail public permettant à toute entreprise d'émettre et de recevoir ses factures gratuitement. Cette version a été abandonnée : depuis l'annonce de la DGFiP du 15 octobre 2024, le PPF est recentré sur l'annuaire central et le concentrateur de données.

Conséquence directe et souvent ignorée : il n'existe plus d'option publique gratuite. Chaque entreprise doit désigner une plateforme agréée privée. Plusieurs le font gratuitement — c'est là qu'il faut chercher, pas du côté de l'État.

La seule vérification qui compte

Peu importe le sigle qu'on vous vend. Une seule question : le nom de mon prestataire figure-t-il sur la liste officielle ?

Ouvrez la liste publiée par l'administration fiscale. Deux fichiers y sont proposés — prenez le format tableur, il se lit sans erreur.

Ce que disent les deux listes

Au 29 juillet 2026 : 145 opérateurs satisfont à l'ensemble des conditions, tests d'interopérabilité compris, et attendent leur rapport d'audit. 13 autres ont un dossier complet mais n'ont pas encore passé le test d'interopérabilité — une nuance qui mérite d'être connue avant de confier ses factures à l'un d'eux.

Soit 158 au total, un nombre qui augmente chaque semaine. Il s'agit d'immatriculations sous réserve : la définitive intervient après le rapport d'audit, pour trois ans renouvelables.

Si votre éditeur n'y figure pas, la question à lui poser tient en une ligne : « par quelle plateforme agréée passez-vous ? » Une réponse claire est un bon signe. Une réponse évasive en est un autre.

Passer du vocabulaire au choix

Le comparateur détaille six solutions adaptées aux indépendants et aux très petites structures : immatriculation vérifiée une par une sur la liste officielle, tarifs relevés chez l'éditeur, et pour chacune ce que couvre — ou non — l'offre gratuite.

Voir le comparateur par profil

Sources

Ce site est un outil d'information pratique édité par un professionnel indépendant. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil comptable, ni une source officielle de l'administration française. Seule la liste publiée par l'administration fiscale fait foi sur l'agrément d'une plateforme.